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Les îles de Toronto ou la vie aventurière

ÉCRIT PAR : Linda Rosenbaum
PUBLIÉ LE : 30 mars 2016

Ce qui rend la vie dans les îles de Toronto singulière, c’est d’abord l’absence d’automobiles ou de magasins : on n’y permet aucune forme de transport motorisé et on n’y voit pas de grandes surfaces ou de dépanneurs.

Eh oui, vous avez bien lu : ni autos, ni autobus, ni taxis… et nulle part où aller pour acheter en vitesse une tasse de sucre pour faire un gâteau, du papier de toilette ou encore le modèle exact de tuyau qu’il vous faut pour colmater une fuite d’urgence au beau milieu d’une rénovation.

On ne peut malheureusement pas héler un traversier!

Ce que cela signifie dans nos vies quotidiennes? Eh bien, les insulaires comme moi doivent apprendre à traversier la vie!

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En effet, pour aller chercher cette fameuse tasse de sucre, je dois vérifier l’heure de départ du prochain traversier vers la ville (dont la fréquence la plus rapide est aux heures). Puis, je dois marcher pendant 15 minutes ou prendre mon vélo pour me rendre au traversier qui m’amènera en ville pour faire mon achat. Tôt le matin, à compter de 6 h 45, le traversier part toutes les 45 minutes vers Toronto pour permettre aux gens de se rendre au travail ou à l’école. À la fin de l’après-midi, on peut également rentrer chez nous aux 45 minutes. Mais, entre ces plages bénies, surtout l’hiver, on doit parfois attendre jusqu’à deux heures avant d’apercevoir le nez du traversier. D’où l’importance de PLA-NI-FI-ER.

Vous vous doutez aussi que, lorsque mes achats sont faits, ce qui peut aller de la pinte de lait à un nouveau matelas selon le jour ou l’année, je dois trimbaler le tout au quai, puis dans le traversier. Et à moi de me débrouiller, une fois de retour dans l’île, pour les transporter à la maison, près d’un kilomètre plus loin.

Comment suis-je arrivée à mon âge sans me défaire le dos? Vous l’avez deviné : c’est le système D. Je transporte mes précieux achats à vélo, dans un chariot ou dans un panier d’épicerie et je les roule jusqu’à ma porte d’entrée. Mes voisins et moi avons pour la plupart des vélos munis de corbeilles, cabas et paniers, parce que, comme des fourmis, nous rapportons constamment des choses du centre-ville.

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La plupart des insulaires sont les fiers propriétaires de magnifiques chariots chatoyants conçus par Manuel Cappel, entrepreneur local, qui pratique l’art traditionnel du charronnage. En d’autres mots, Manuel fabrique et répare des chariots et des charrettes! Et vous, avez-vous des charrons près de chez vous?

Je sais bien que nous semblons un peu excentriques. Nous faisons les choses différemment, parce que nous n’avons pas le choix. Par exemple, à la naissance de notre deuxième enfant, mon mari et moi avons dû ramener notre petit trésor de l’hôpital en traîneau. Elle était bien emmitouflée, soit, mais imaginez seulement notre caravane, une journée glaciale et enneigée de décembre, avec le bébé, le sac à couches et tout l’attirail propre aux nouveau-nés, marchant 20 longues minutes à travers une neige épaisse et un vent violent!

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Avant que vous vous imaginiez le pire, rassurez-vous : je vous mens un peu. Il y a quelques véhicules dans l’île et nous n’avons pas à nous débarrasser de nos vidanges en les faisant brûler dans de grands feux malodorants ou en les enterrant subrepticement dans notre cour arrière. Nous n’avons pas non plus à dégager nous-mêmes les chemins l’hiver.

Vous voyez, c’est un peu moins pittoresque que vous le pensiez.

Nous payons nos taxes municipales comme les autres Torontois, ce qui nous donne droit à certains services modernes. L’île compte en effet un camion de vidanges et un chasse-neige. Pour l’instant, nous avons aussi droit à un service postal, à un autobus scolaire, à la livraison quotidienne du journal. On aperçoit même de temps en temps d’inévitables camions d’entretien. Vous voyez, ce n’est pas si effrayant!

Chers lecteurs, je vous invite à m’écrire pour me faire connaître vos réactions à l’égard de notre vie si particulière. Et surtout, n’hésitez pas à me faire parvenir vos questions. Je serai heureuse d’y répondre dans un prochain blogue.

Cordialement,

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