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Jardins et bancs de sable

ÉCRIT PAR : Linda Rosenbaum
PUBLIÉ LE : 4 mai 2016

Avez-vous essayé de cultiver un jardin dans un sol sablonneux ? Ce n’est sûrement pas le premier réflexe d’un jardiner avisé : ce sol quasi infertile manque cruellement de nutriments et dessèche à la vitesse grand V.

J’espère que vous avez déjà un peu appris à nous connaître à travers mes blogues cependant. Voyez-vous où je veux en venir ? Un tel défi nous enchante ! Certes, nous vivons sur un banc de sable et il n’existe aucune jardinerie à proximité, et après ?

Quand je suis arrivée dans l’île, les parterres des résidents reflétaient l’incertitude de leurs vies. On y remarquait quelques annuelles plantées çà et là, sans trop d’enthousiasme, du genre impatiens ou bégonias. On craignait alors devoir déménager en coup de vent, nos maisons destinées au pic des démolisseurs. Depuis que nous avons appris que nous ne serions pas expropriés, nous nous sommes mis à l’horticulture avec passion. Nous sommes aujourd’hui enracinés sur l’île, au sens propre comme au figuré.

Ainsi, aux premiers rayons de soleil printanier, nous sommes au jardin. Le principal (sinon le seul) avantage d’un sol sablonneux, c’est qu’il dégèle rapidement. Pour l’amadouer et le rendre propice à la culture, nous raclons, bêchons, sarclons, fertilisons et amendons avec frénésie dès le mois de mars, afin de préparer plates-bandes et potagers. Notre acharnement porte ses fruits : les plants de légumes hâtifs, comme les épinards ou la laitue, sont vite accompagnés de fleurs et d’arbustes printaniers : tulipes, jonquilles, forsythias, etc., et, rapidement, notre milieu aride reprend vie et se couvre de mille couleurs.

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Nos petites maisons ne nous permettent pas de planter de semis à l’intérieur, par manque d’espace et de luminosité. Nous multiplions donc les allers-retours en ville, pour en rapporter plantes, sacs de paillis, matériaux et accessoires. Des insulaires ayant commandé des camions remplis de terre ou de pavés se sont vite butés à des tracasseries administratives (obtention d’un permis, respect de normes compliquées, etc.) pour en venir à la conclusion que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Heureusement,
Nous comptons un arboriculteur amateur parmi nos rangs, qui nous offre des plantes rares et exotiques, cultivées dans sa serre avec les moyens du bord.

À mon humble avis, vous trouverez certains des plus beaux jardins du monde, ici même, sur notre île. Ils ne sont pas grands, plutôt de taille mouchoir de poche, mais ils regorgent de créativité et d’amour, chacun unique à sa façon. Comme notre communauté compte de nombreux artistes, vous y verrez des sculptures et des éléments décoratifs d’une extrême ingéniosité, comme les mosaïques de galets de Kathleen Doody.

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Les gestionnaires du parc municipal dans lequel nos maisons sont situées ont mis à notre disposition un lopin de terre, que nous avons transformé en jardin d’agrément avec beaucoup d’enthousiasme.

Tout cela vaut certainement le détour. Nous organisons d’ailleurs régulièrement des visites à pied et nous vous y invitons chaleureusement.

N’hésitez pas à venir nous rencontrer ! La meilleure période pour le faire se situe de la fin mai au début juin. Comme l’a dit Sonia Day, la chroniqueuse-jardins du Toronto Star : « Les jardins des îles de Toronto sont de petites merveilles » (Traduction, Toronto Star, édition du 23 juin 2011).

Nous vous attendons donc, confortablement assis sur notre banc de sable fleuri !

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